Le grand écart périlleux de la C64 et ces dirigeants
Par Jean Jacques Wondo La C64 semble souffrir d’un cruel manque de conseillers et de stratèges avisés pour l’aider à structurer sa vision, affiner son positionnement et mener à bien son combat politique. À l’origine, la C64 se présente comme le seul courant d’opposition politique légitime du pays, investi de la mission de s’opposer au régime de Félix Tshisekedi, qu’elle considère comme illégitime et dont elle dénonce la dérive autoritaire. Son combat politique est essentiellement centré sur la personne de Félix Tshisekedi, avec pour objectif de le pousser vers la sortie à l’issue de son deuxième mandat constitutionnel, dans un contexte […]
Joel Konde
28 octobre 2026 · 2 min de lecture

La C64 semble souffrir d’un cruel manque de conseillers et de stratèges avisés pour l’aider à structurer sa vision, affiner son positionnement et mener à bien son combat politique.
À l’origine, la C64 se présente comme le seul courant d’opposition politique légitime du pays, investi de la mission de s’opposer au régime de Félix Tshisekedi, qu’elle considère comme illégitime et dont elle dénonce la dérive autoritaire. Son combat politique est essentiellement centré sur la personne de Félix Tshisekedi, avec pour objectif de le pousser vers la sortie à l’issue de son deuxième mandat constitutionnel, dans un contexte où elle lui prête l’intention de changer la Constitution pour se maintenir au pouvoir.
Paradoxalement, la C64 s’improvise aujourd’hui en actrice des bons offices entre Félix Tshisekedi et Joseph Kabila, dans une démarche qui s’apparente à une médiation.
Or, en théorie de la négociation, tout facilitateur se doit d’être neutre et d’inspirer confiance aux deux parties protagonistes.
Est-ce réellement le cas de la C64, dont la posture dans la crise politique congolaise la place davantage dans la position d’une partie prenante que dans celle d’un tiers impartial ?
À mon sens, ce grand écart rhétorique déplace dangereusement le curseur stratégique et sème la confusion sur ses véritables objectifs.
Elle révèle également les fragilités de cette plateforme, qui semble peiner à maintenir une ligne politique cohérente et lisible. Plus encore, cette posture donne l’impression d’un retrait progressif de la C64 de la lutte politique sur le terrain, laissant ainsi le champ de bataille aux deux forces armées qui dominent désormais le rapport de forces : le pouvoir de Kinshasa et le mouvement armé FRN de Kabila.
En voulant ainsi se muer en médiatrice entre deux composantes qu’elle qualifie pourtant d’adversaires directs, la C64 joue sa crédibilité. Elle risque non seulement de brouiller son identité et d’affaiblir son positionnement, mais aussi de perdre le soutien populaire dans le combat qu’elle prétend mener, finissant par s’isoler, se marginaliser elle-même et se mettre elle-même en retrait de la lutte politique et de laisser à d’autres acteurs le soin d’occuper le terrain.
Article importé depuis Afrique Direct News