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Quand Kinshasa découvre que le ridicule ne tue plus mais qu’il coûte cher en perquisitions

MON OPINION Il faut avouer que nos dirigeants ont un sens inné du divertissement. Alors que la République démocratique du Congo cherche désespérément un pilote aux commandes de l’avion, le sommet de l’État nous offre une véritable comédie burlesque. Les masques y tombent, non sous les applaudissements, mais sous les huées de la réalité. 1. Jean-Claude et la saga des frères ennemis : quand le linge sale se lave… en direct sur les réseaux sociaux Salons un peu la soupe ! Jean-Claude Tshisekedi, frère aîné du chef de l’État, a bel et bien pris la parole pour dénoncer l’abandon du slogan […]

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Ttmanu

21 octobre 2026 · 3 min de lecture

Quand Kinshasa découvre que le ridicule ne tue plus mais qu’il coûte cher en perquisitions

MON OPINION

Il faut avouer que nos dirigeants ont un sens inné du divertissement. Alors que la République démocratique du Congo cherche désespérément un pilote aux commandes de l’avion, le sommet de l’État nous offre une véritable comédie burlesque. Les masques y tombent, non sous les applaudissements, mais sous les huées de la réalité.

1. Jean-Claude et la saga des frères ennemis : quand le linge sale se lave… en direct sur les réseaux sociaux

Salons un peu la soupe ! Jean-Claude Tshisekedi, frère aîné du chef de l’État, a bel et bien pris la parole pour dénoncer l’abandon du slogan « le peuple d’abord » par le pouvoir actuel (mediacongo.net) — l’expression exacte « gouvernance prédatrice » reste, elle, attribuée à l’auteur de ce billet. Quelle sortie que celle-là ! Voir le frère du chef de l’État dénoncer la gouvernance en place aurait de quoi provoquer quelques remous. Ce serait la version kinoise d’une maison qui brûle pendant que les pompiers organisent un barbecue dans le salon.

Quand l’opposition critique, le pouvoir crie au complot. Mais lorsque la contestation vient de la famille elle-même, les réponses semblent soudain beaucoup moins spontanées dans les couloirs du Palais de la Nation.

À entendre les critiques de cette gouvernance, le slogan « Le peuple d’abord » aurait cédé la place à un credo officieux : se servir d’abord, puis s’occuper du reste. La gestion publique donne alors l’image d’une immense coopérative de placement familial, là où les citoyens attendent un service rendu à la nation.

2. Des perquisitions présumées en Belgique : l’arroseur arrosé et le paradoxe des « ex-Congolais »

Et que dire des informations faisant état de perquisitions en Belgique dans des résidences liées à la famille présidentielle ? Si elles sont confirmées, et si elles concernent effectivement les enfants du président, elles appellent des explications précises sur leur objet et leurs suites. Une perquisition ne constitue toutefois pas, à elle seule, une preuve de culpabilité.

Le contraste politique n’en serait pas moins saisissant : demander à la population de se serrer la ceinture tout en affichant un train de vie confortable sous les cieux européens expose forcément à quelques questions.

On aimerait entendre nos zélés communicants sur ce sujet. Eux qui dénoncent avec tant de vigueur le pillage des richesses congolaises devraient faire preuve de la même exigence de transparence lorsque les interrogations concernent les proches du pouvoir.

Quant à ceux que l’on surnomme les « Belgicains », le débat mérite davantage de précision. Posséder un passeport européen ne prouve ni un renoncement à la nationalité congolaise ni un détournement de fonds. En revanche, toute personne qui exerce une responsabilité publique ou bénéficie de ressources de l’État doit pouvoir rendre des comptes, quels que soient son nom, ses liens familiaux ou son lieu de résidence.

La souveraineté se défend aussi par une gestion exemplaire des deniers publics. Dénoncer les prédations extérieures ne dispense personne de répondre aux soupçons de prédation intérieure.

3. La corruption endémique : le sport national

Pendant que les querelles au sommet occupent les réseaux sociaux et que les soupçons alimentent les conversations, le citoyen ordinaire continue de jongler avec le vide.

À force de scandales et de réponses insuffisantes, la corruption finit par donner l’impression d’être un diplôme d’excellence requis pour accéder aux responsabilités. Le mérite attend dans le couloir ; les relations, elles, connaissent déjà le chemin du bureau.

Mais rassurons-nous : tant qu’il se trouvera des porte-parole pour accuser tout le monde sauf interroger le pouvoir qu’ils défendent, et des dirigeants pour confondre mandat public et héritage familial, le Congo continuera d’avancer… droit dans le mur, mais avec le sourire.

Ttmanu correspondant sur Afriquedirectnews

Article importé depuis Afrique Direct News