Joseph Kabila au FRN : pourquoi cela ne changerait pas la logique du dialogue inclusif de la CENCO-ECC
Kinywa Cha M’zeeMina choka Correspondent sur Afriquedirectnews Ma lecture Ceux qui prédisent que l’officialisation de Joseph Kabila à la tête du Front pour la Refondation de la Nation (FRN) placerait la CENCO-ECC en difficulté se trompent, selon moi, de lecture. Ils semblent confondre la posture du pouvoir avec la logique du dialogue inclusif défendu par […]
Kinywa Cha M'zee
13 octobre 2026 · 2 min de lecture

Kinywa Cha M’zee
Mina choka Correspondent sur Afriquedirectnews
Ma lecture
Ceux qui prédisent que l’officialisation de Joseph Kabila à la tête du Front pour la Refondation de la Nation (FRN) placerait la CENCO-ECC en difficulté se trompent, selon moi, de lecture. Ils semblent confondre la posture du pouvoir avec la logique du dialogue inclusif défendu par les Églises.
La question est pourtant simple : quelle serait désormais la position de la CENCO-ECC face à Joseph Kabila, présenté comme le dirigeant d’un mouvement politico-militaire ?
Pour y répondre, il faut revenir aux principes qui fondent sa démarche.
La CENCO-ECC s’était déjà rendue à Goma pour rencontrer les responsables de l’AFC-M23, notamment Corneille Nangaa. Elle avait ainsi montré que son dialogue sans exclusive ne se limitait pas aux opposants politiques en costume-cravate, mais pouvait également concerner des acteurs engagés dans le conflit armé.
Pourquoi cette logique changerait-elle avec Joseph Kabila ?
Que l’interlocuteur s’appelle Corneille Nangaa ou Joseph Kabila, la question fondamentale reste la même : comment prétendre résoudre une crise nationale en écartant des acteurs qui influencent son évolution politique ou militaire ?
Soyons clairs : dialoguer ne signifie pas légitimer. Négocier ne signifie pas capituler. Inclure ne signifie pas absoudre.
Deux logiques s’affrontent ici : l’exclusion et l’inclusivité.
Là où certains voient dans le nouveau statut attribué à Joseph Kabila un motif supplémentaire de fermeture, la démarche du dialogue inclusif consiste à prendre en compte les nouvelles réalités dans la recherche d’une solution globale.
Loin de moi l’idée de banaliser la gravité des choix des uns et des autres ou de sacrifier les exigences de justice et de souveraineté nationale. Il s’agit de comprendre que la paix se construit aussi avec des interlocuteurs dont on réprouve les actes, lorsque leur participation peut contribuer à mettre fin à la crise.
La CENCO-ECC ne distribue pas de certificats de bonne conduite politique. Elle défend une démarche dont la crédibilité dépendra de sa capacité à rester cohérente, même lorsque les circonstances deviennent plus complexes.
Le véritable enjeu est donc celui de l’efficacité du processus.
Si l’objectif est de faire taire les armes, de restaurer la stabilité et de reconstruire la confiance nationale, quelle efficacité pourrait avoir un dialogue qui exclurait, par principe, des acteurs dont les décisions influencent le cours des événements ?
Selon ma lecture, l’arrivée de Joseph Kabila à la tête du FRN ne suffirait donc pas, à elle seule, à remettre en cause la logique du dialogue inclusif défendu par la CENCO-ECC. Elle rendrait peut-être sa mise en œuvre plus délicate, sans nécessairement en modifier le principe.
La paix ne se construit pas à la carte.
Article importé depuis Afrique Direct News