Le choix entre Félix Tshisekedi et Joseph Kabila devient embarrassant pour des hommes politiques Congolais
Par Joël Konde À ceux qui pensent que Tshisekedi avait raison et s’en réjouissent, je rappelle une chose : la politique n’est pas un concours de prophéties, mais l’art d’éviter le pire et de construire la paix. L’enjeu n’est pas de savoir qui avait raison, mais de préserver la paix, de respecter la Constitution, de […]
Joel Konde
13 octobre 2026 · 2 min de lecture

Par Joël Konde
À ceux qui pensent que Tshisekedi avait raison et s’en réjouissent, je rappelle une chose : la politique n’est pas un concours de prophéties, mais l’art d’éviter le pire et de construire la paix.
L’enjeu n’est pas de savoir qui avait raison, mais de préserver la paix, de respecter la Constitution, de restaurer la cohésion nationale et de réduire le nombre de mécontents. Faut-il rester passif ? Non ! Il faut agir, mais avec intelligence, stratégie et responsabilité, en limitant les dégâts.
Prenons le cas de Joseph Kabila. Même dans l’hypothèse où il aurait dirigé l’AFC/M23, le dialogue aurait été une option stratégique, non une capitulation. Il ne s’agissait pas de lui donner raison, mais de lui retirer tout prétexte à poursuivre la confrontation et de rechercher une issue politique à la guerre.
Mais si ces accusations étaient infondées, alors les menaces, la condamnation à mort évoquée, la mise à prix de sa tête, la traque et l’humiliation, qui ont également affecté sa famille, pouvaient contribuer à le pousser dans une logique de survie et de résistance.
C’est ici que la pensée stratégique de Sun Tzu, dans L’Art de la guerre, prend tout son sens :
- Ne poussez jamais un adversaire dans ses derniers retranchements. Celui qui se sent privé de toute issue peut devenir plus imprévisible et prendre des risques que personne n’avait anticipés.
- Laissez toujours une porte de sortie. Une issue honorable peut transformer un adversaire déterminé à résister en interlocuteur disposé à négocier.
- Ne confondez jamais l’accablement avec la défaite. Un adversaire affaibli, isolé ou humilié n’est pas nécessairement vaincu. Il peut puiser dans l’adversité une nouvelle détermination.
- Ne cherchez pas seulement à gagner, cherchez à stabiliser la victoire. Faire taire un adversaire ne suffit pas ; il faut créer les conditions d’une paix durable, sans nourrir les frustrations qui préparent les conflits de demain.
La véritable intelligence politique ne consiste pas à acculer son adversaire jusqu’à ce qu’il n’ait plus rien à perdre. Elle consiste à anticiper les conséquences de ses propres décisions et à savoir quand la fermeté doit céder la place à la négociation.
Mon inquiétude est donc réelle : les flatteurs et les courtisans qui encouragent le pouvoir à célébrer ses prétendues victoires au lieu de mesurer les risques ne rendent aucun service au Président de la République. À force de confondre loyauté et flatterie, on peut conduire un dirigeant à sous-estimer les dangers qui le menacent.
Le Congo n’a pas besoin d’une guerre des egos, ni d’un triomphe politique sur fond de fractures nationales. Il a besoin de lucidité, de respect de la Constitution, de dialogue et d’une stratégie qui privilégie la paix.
Car en politique, le plus grand succès n’est pas d’avoir eu raison sur son adversaire. C’est d’avoir évité à toute une nation de payer le prix de l’affrontement.
Article importé depuis Afrique Direct News