Article
Tous les articles·Actualité

RDC : Joseph Kabila à la tête du FRN, une nouvelle coalition politico-militaire annoncée à Goma

Par Joël Konde La création du Front pour la Refondation de la Nation (FRN) a été annoncée le 12 octobre 2026 à Goma. Placée sous la présidence de Joseph Kabila, cette nouvelle coalition politico-militaire rassemble notamment des dirigeants de l’AFC/M23. Elle marque une implication désormais ouverte de l’ancien président dans une organisation opposée au pouvoir […]

J

Joel Konde

13 octobre 2026 · 3 min de lecture

RDC : Joseph Kabila à la tête du FRN, une nouvelle coalition politico-militaire annoncée à Goma

Par Joël Konde

La création du Front pour la Refondation de la Nation (FRN) a été annoncée le 12 octobre 2026 à Goma. Placée sous la présidence de Joseph Kabila, cette nouvelle coalition politico-militaire rassemble notamment des dirigeants de l’AFC/M23. Elle marque une implication désormais ouverte de l’ancien président dans une organisation opposée au pouvoir de Kinshasa. (reuters.com)

Selon la déclaration transmise, les personnalités à l’origine du mouvement se sont réunies à Goma les 10 et 11 octobre. Elles présentent le FRN comme une réponse à une crise qu’elles décrivent comme politique, sécuritaire, économique, sociale et institutionnelle.

Une direction précisée dans le texte fondateur

La déclaration désigne Joseph Kabila Kabange comme président du FRN. Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa sont nommés vice-présidents. Sultani Makenga conserve la fonction de chef d’état-major général de l’Armée révolutionnaire congolaise (ARC), avec rang de vice-président.

Une précision mérite d’être apportée : dans le document fourni, Freddy Rukema Kaniki est nommé secrétaire général et coordonnateur du Comité exécutif, et non vice-président. Benjamin Mbonimpa devient son adjoint, tandis que Désiré Rukomera Rwigema est désigné secrétaire permanent du Collège des fondateurs.

Le FRN annonce succéder à l’AFC

Le point 11 de la déclaration affirme que l’adoption de cet acte met fin à l’existence de l’Alliance Fleuve Congo et que le FRN lui succède de plein droit.

Cette disposition traduit une volonté de réorganiser la coalition sous une nouvelle direction. Elle ne permet toutefois pas, à elle seule, de conclure à la dissolution distincte du M23 : le texte mentionne expressément la fin de l’AFC.

Sur le plan politique, cette réorganisation peut être interprétée comme une tentative de donner une portée nationale à un mouvement jusque-là associé principalement au conflit dans l’est du pays.

Un discours de rupture avec Kinshasa

Les auteurs de la déclaration accusent le pouvoir de Félix Tshisekedi de mauvaise gouvernance, de corruption, de violations des libertés et d’échec sécuritaire. Ces accusations constituent la position politique du mouvement ; elles doivent être distinguées de faits établis par des enquêtes indépendantes.

Le FRN affirme vouloir restaurer l’État, favoriser la réconciliation nationale, permettre le retour des réfugiés et des exilés politiques et renforcer la participation des provinces aux décisions nationales.

Mais sa déclaration prévoit également le recours à la force pour atteindre ses objectifs. Cette orientation soulève une question centrale : comment concilier la promesse de reconstruction nationale avec une stratégie susceptible de prolonger les affrontements et les souffrances des populations ?

Une ambition nationale à l’épreuve des actes

La présence de Joseph Kabila à la tête du FRN donne à cette coalition une figure politique connue à l’échelle nationale. Elle expose aussi l’ancien président à une responsabilité directe dans les orientations et les actions du mouvement.

L’enjeu dépasse donc le changement de nom. Le FRN devra être jugé sur sa conduite : protection des civils, respect des libertés, traitement des communautés et capacité à contribuer à une issue politique au conflit.

Pour les Congolais, la question essentielle demeure : cette nouvelle coalition ouvrira-t-elle une perspective de paix et de reconstruction, ou ajoutera-t-elle une nouvelle étape à la confrontation pour le pouvoir ?

Article importé depuis Afrique Direct News