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KABILA : SEIZE MINUTES DE PAROLE, ET TOUT UN EMPIRE EN ÉBULLITION !

Par Joël Konde Il aura suffi de seize petites minutes. En un quart d’heure à peine, le château de cartes de la sérénité gouvernementale s’est effondré, mettant à nu un régime rongé par la fébrilité. Qu’a donc dit cet « homme du passé », ce « condamné à mort », dont la sortie devait être […]

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Kinywa Cha M'zee

12 octobre 2026 · 3 min de lecture

KABILA : SEIZE MINUTES DE PAROLE, ET TOUT UN EMPIRE EN ÉBULLITION !

Par Joël Konde

Il aura suffi de seize petites minutes.

En un quart d’heure à peine, le château de cartes de la sérénité gouvernementale s’est effondré, mettant à nu un régime rongé par la fébrilité.

Qu’a donc dit cet « homme du passé », ce « condamné à mort », dont la sortie devait être — à en croire les serments martelés sur l’autel de la propagande — un banal « non-événement » ?

Rien qui vaille la peine d’être écouté, nous répète-t-on sur tous les tons : un discours « vide », « creux », prononcé par celui qu’on qualifie désormais de rebelle.

Et pourtant, quel spectacle !

Sortez l’artillerie, le fantôme a parlé !

À l’instant même où la vidéo s’est achevée, la tanière du pouvoir s’est ouverte dans un fracas spectaculaire.

On a vu bondir, paniqués et essoufflés, des dignitaires de tout acabit : ministres, mandataires publics subitement tirés de leur torpeur, députés amnésiques, sénateurs somnolents et conseillers présidentiels en surchauffe.

Pour un « non-événement », la mobilisation générale a été décrétée sans délai.

On a sorti l’artillerie lourde pour écraser une mouche !

Les dictionnaires ont été dévalisés pour pondre, en un temps record, un déluge de tweets vengeurs, de messages audio à l’indignation préfabriquée, de vidéos théâtrales et de communiqués au style pompeux.

Même la presse aux ordres s’est empressée de meubler ses antennes, débordant d’une ardeur patriotique de commande pour étouffer le moindre écho de ces seize minutes.

Quelle débauche d’énergie ! Quelle réactivité foudroyante ! Si seulement le peuple congolais pouvait bénéficier du centième de cette ardeur…

La véritable indécence est là, béante, obscène : vous êtes gourmands de polémiques et aveugles à la misère du peuple.

Où êtes-vous, chers ministres, chers députés, chers communicants du pouvoir, lorsque nos mères cherchent un bidon d’eau potable au milieu de la nuit ?

Où êtes-vous lorsque des quartiers entiers plongent dans l’obscurité, privés d’une électricité devenue mirage ?

Où êtes-vous lorsque les embouteillages monstres asphyxient nos villes, que la vie chère étrangle les ménages et que l’insécurité fauche des vies innocentes dans l’indifférence des salons dorés ?

Silence radio.

Face au drame quotidien des Congolais, vos dictionnaires sont étrangement muets.

Vos tweets se tarissent. Vos caméras s’éteignent. Vos voix deviennent inaudibles.

Face au peuple qui crie famine et réclame justice, vous n’offrez que du silence, du dédain et des promesses creuses.

Mais qu’un Joseph Kabila toussote, vous voilà devenus des poètes de la riposte, des marathoniens de la rhétorique, des héros de la polémique !

En transformant une prise de parole, pourtant qualifiée d’insignifiante, en affaire d’État, vous êtes tombés à pieds joints dans le panneau. Vous avez montré au monde entier qu’un simple murmure de Joseph Kabila suffit à faire trembler l’empire de verre.

Ce théâtre pathétique expose au grand jour la hiérarchie de vos priorités : le peuple peut souffrir, mourir de soif ou croupir dans l’obscurité ; cela attendra toujours le prochain mandat. Mais votre confort politique, lui, exige une riposte à la seconde près.

Ce peuple, qui n’est plus dupe, regarde cette agitation hystérique avec une amertume lucide.

Il sait désormais que, pour obtenir l’attention, le temps et l’énergie de ses dirigeants, il ne sert à rien de mourir à petit feu dans la misère : il suffit de parler pendant seize minutes.

Mina choka

Article importé depuis Afrique Direct News