RDC : les propos attribués à Joseph Tshilumbayi alimentent les doutes sur la gestion de la crise
Par Joël Konde La légèreté des propos attribués à Joseph Tshilumbayi, premier vice-président de l’Assemblée nationale, au sujet de la crise dans l’Est de la République démocratique du Congo soulève de sérieuses interrogations sur le sens des responsabilités de ceux qui incarnent les institutions de la République. Affirmer que « ceux qui sont à Goma restent à Goma et ceux qui sont à Bukavu restent à Bukavu et la vie continuera son cours normal sans problème », propos confirmé par plusieurs médias indépendants (mediacongo.net), risque de banaliser une réalité dramatique : celle de territoires congolais échappant au contrôle effectif de l’État. […]
Joel Konde
12 octobre 2026 · 2 min de lecture

Par Joël Konde
La légèreté des propos attribués à Joseph Tshilumbayi, premier vice-président de l’Assemblée nationale, au sujet de la crise dans l’Est de la République démocratique du Congo soulève de sérieuses interrogations sur le sens des responsabilités de ceux qui incarnent les institutions de la République.
Affirmer que « ceux qui sont à Goma restent à Goma et ceux qui sont à Bukavu restent à Bukavu et la vie continuera son cours normal sans problème », propos confirmé par plusieurs médias indépendants (mediacongo.net), risque de banaliser une réalité dramatique : celle de territoires congolais échappant au contrôle effectif de l’État.
De tels propos ne sont pas anodins. Ils peuvent être interprétés comme une forme de résignation face à l’occupation, voire comme une acceptation implicite de la situation imposée par les rebelles de l’AFC/M23. Une telle impression est particulièrement préoccupante lorsqu’elle émane d’un haut responsable du pouvoir législatif, dont la fonction exige vigilance, fermeté et défense de l’intégrité territoriale.
Cette déclaration risque également d’alimenter les arguments de ceux qui doutent de la capacité des autorités dirigées par Félix Tshisekedi à résoudre la crise dans l’Est. Lorsqu’un responsable de ce rang évoque la poursuite de la vie quotidienne sans affirmer clairement la nécessité de rétablir l’autorité de l’État à Goma et à Bukavu, son discours peut nourrir les interrogations sur la détermination des institutions à reprendre pleinement le contrôle de ces territoires.
Certes, rappeler que les populations doivent continuer à vivre malgré la guerre peut relever d’un appel à la résilience. Mais cette idée doit être accompagnée d’un engagement explicite en faveur de leur protection et du rétablissement de la souveraineté nationale. Sans cette précision, le message risque d’être compris comme une invitation à s’accommoder de l’occupation.
La question n’est donc pas de savoir si la vie peut continuer sous occupation, mais de savoir si la République peut accepter que cette occupation devienne une normalité politique.
La RDC a besoin de responsables capables de rassurer la population, de défendre sans ambiguïté sa souveraineté et de présenter des réponses concrètes à une crise qui menace l’unité nationale. La parole publique doit traduire cette exigence, avec clarté et responsabilité.
Goma et Bukavu ne sont pas des villes que l’on peut abandonner à leur sort. Elles font partie intégrante de la République démocratique du Congo. Aucun responsable, quelle que soit sa fonction, ne devrait laisser entendre que l’absence de contrôle de l’État sur ces villes constitue une situation durablement acceptable.
Il appartient donc à Joseph Tshilumbayi de clarifier le sens et le contexte des propos qui lui sont attribués. Sur une question aussi grave, les Congolais sont en droit d’attendre une parole précise, un engagement ferme et une perspective crédible de sortie de crise.
Article importé depuis Afrique Direct News