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Joseph Kabila : une réponse politique ou un réquisitoire ?

Par Joël Konde Joseph Kabila, votre retour dans le débat public ne saurait effacer les interrogations que suscite votre bilan. En prenant aujourd’hui la parole pour dénoncer la situation du pays, vous devez aussi accepter de répondre aux critiques concernant vos dix-huit années à la tête de la République démocratique du Congo. La mémoire du […]

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Joel Konde

10 octobre 2026 · 3 min de lecture

Joseph Kabila : une réponse politique ou un réquisitoire ?

Par Joël Konde

Joseph Kabila, votre retour dans le débat public ne saurait effacer les interrogations que suscite votre bilan. En prenant aujourd’hui la parole pour dénoncer la situation du pays, vous devez aussi accepter de répondre aux critiques concernant vos dix-huit années à la tête de la République démocratique du Congo.

La mémoire du peuple congolais ne peut être réduite à une succession de discours. Les controverses entourant les élections de 2006 et de 2011, les violences politiques, l’insécurité persistante et les accusations de mauvaise gouvernance demeurent au cœur du débat sur votre présidence. Elles appellent des réponses précises, et non une présentation sélective de l’histoire.

Les familles endeuillées attendent toujours la vérité et la justice. Les souffrances vécues par les Congolais ne doivent servir ni d’instrument de propagande ni de prétexte à une compétition entre dirigeants. Elles imposent à tous ceux qui ont exercé le pouvoir un devoir de responsabilité.

La souveraineté exige des actes et des comptes

La République démocratique du Congo n’a pas vocation à subir les ambitions de puissances étrangères. Ses dirigeants, anciens comme actuels, doivent expliquer les décisions, les alliances et les accords qui ont engagé la sécurité nationale.

Les accusations concernant vos rapports avec Kigali et votre rôle présumé dans les crises de l’Est sont graves. Elles doivent être examinées à partir de preuves vérifiables et, lorsqu’elles relèvent de faits criminels, par les instances judiciaires compétentes. Une accusation politique ne remplace pas une démonstration.

Mais cette exigence de preuve ne dispense personne de rendre des comptes. Les Congolais sont en droit de demander ce qui a été fait pour protéger leur territoire, défendre leurs populations et empêcher la répétition des violences.

Notre diversité ne doit jamais devenir une arme

Le Congo est une nation riche de ses communautés, de ses langues et de ses traditions. Cette diversité appartient à notre patrimoine commun. Elle ne doit jamais être exploitée pour opposer les citoyens ou contester leur appartenance à la nation.

La critique d’un responsable politique doit porter sur ses actes, ses décisions et son bilan. Elle gagne en force lorsqu’elle évite les insinuations sur ses origines et les discours qui divisent les Congolais.

Notre territoire appartient à tous ses enfants. Aucun dirigeant, aucun parti et aucune communauté ne peut s’en proclamer propriétaire.

Comparer les bilans avec la même exigence

Les partisans de Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo mettent notamment en avant la gratuité de l’enseignement primaire, les mesures concernant la maternité et les investissements dans les infrastructures.

Ces politiques doivent être évaluées selon leurs résultats : combien de citoyens en bénéficient réellement ? Dans quelles conditions ? Avec quelle qualité de service et quelle transparence dans l’utilisation des fonds publics ?

La même exigence doit s’appliquer à chaque présidence. Reconnaître une avancée n’interdit pas de dénoncer un échec. Critiquer Joseph Kabila ne doit pas conduire à soustraire le pouvoir actuel à l’examen de son bilan.

Une réponse doit affronter les arguments

Peut-on appeler ce texte une réponse à Joseph Kabila, ou s’agit-il surtout d’une tentative de l’intimider ?

Dans sa forme la plus accusatrice, il constitue davantage un réquisitoire qu’une réfutation. Pour devenir une véritable réponse politique, il doit reprendre les affirmations de l’allocution, les confronter aux faits et expliquer leurs contradictions.

La force d’une réponse ne se mesure pas à la violence de ses mots, mais à la solidité de ses preuves.

Une pensée va à Floribert Chebeya, Armand Tungulu, Luc Nkulula, Thérèse Kapangala, Rossy Mukendi et à toutes les victimes des violences politiques. Leur mémoire exige la vérité, la justice et le respect de la vie humaine.

La République démocratique du Congo n’est ni une propriété privée ni un butin à partager. Son avenir doit se décider par les Congolais, dans le respect de leurs droits et de leur souveraineté.

Ne jamais trahir le Congo, c’est aussi refuser le mensonge, la division et l’impunité — quel que soit le pouvoir concerné.

Article importé depuis Afrique Direct News