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RDC : « Le pays est en péril », Joseph Kabila lance une charge contre le pouvoir de Félix Tshisekedi

Par Joël Konde Dans un message présenté comme une adresse à la nation congolaise, Joseph Kabila dresse un bilan sévère de la situation sécuritaire, politique et économique de la République démocratique du Congo. L’ancien président accuse le pouvoir de Félix Tshisekedi de compromettre la cohésion nationale et annonce qu’il précisera prochainement les actions qu’il entend […]

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Joel Konde

9 octobre 2026 · 4 min de lecture

RDC : « Le pays est en péril », Joseph Kabila lance une charge contre le pouvoir de Félix Tshisekedi

Par Joël Konde

Dans un message présenté comme une adresse à la nation congolaise, Joseph Kabila dresse un bilan sévère de la situation sécuritaire, politique et économique de la République démocratique du Congo. L’ancien président accuse le pouvoir de Félix Tshisekedi de compromettre la cohésion nationale et annonce qu’il précisera prochainement les actions qu’il entend proposer.

« Le pays est en péril : ne pas agir, c’est être complice. » Sous ce titre, Joseph Kabila Kabange appelle les Congolais à prendre conscience de la gravité de la crise que traverse, selon lui, leur pays. Dans le texte transmis, le président honoraire critique vivement la gouvernance de son successeur, dénonce la poursuite de la guerre et s’oppose à un changement de la Constitution.

Son message revient sur son adresse du 23 mai 2025, dans laquelle il avait comparé la situation du Congo à son accession au pouvoir, en janvier 2001, avec celle du pays lors de la passation de pouvoir du 24 janvier 2019.

Joseph Kabila affirme avoir transmis un héritage « bien meilleur » que celui qu’il avait reçu. Il cite notamment la réunification du territoire, la consolidation des institutions, les réformes économiques, l’allègement de la dette et l’organisation de trois cycles électoraux. Cette présentation constitue le bilan qu’il fait de sa propre présidence.

À ses yeux, les années qui ont suivi cette alternance ont progressivement fragilisé ces acquis. Il accuse le pouvoir actuel d’avoir substitué la volonté du chef de l’État au respect de la Constitution et des lois, jusqu’à installer ce qu’il qualifie de « tyrannie ».

L’ancien président dénonce également le tribalisme, le népotisme, la stigmatisation des minorités et l’utilisation des institutions à des fins politiques. Selon lui, ces pratiques auraient aggravé les divisions entre Congolais et affaibli le vivre-ensemble.

La situation sécuritaire occupe une place centrale dans son argumentaire. Joseph Kabila reproche aux autorités de poursuivre une guerre qu’elles n’auraient, selon ses termes, « ni la volonté ni les moyens de gagner ». Il met en cause leur conduite des négociations, les accuse de ne pas respecter le cessez-le-feu signé à Doha et dénonce leur collaboration présumée avec différents groupes armés, dont les FDLR et des formations regroupées sous l’appellation Wazalendo.

Il évoque aussi des bombardements visant des populations civiles. Ces accusations graves figurent dans son message, mais le texte fourni ne contient pas les éléments permettant de les vérifier indépendamment.

Pour Joseph Kabila, une sortie de crise exige un dialogue national véritablement inclusif. Il reproche au pouvoir d’avoir écarté ou entravé plusieurs initiatives de médiation régionales, internationales et religieuses.

Il cite particulièrement l’initiative portée par la Conférence épiscopale nationale du Congo, la CENCO, et l’Église du Christ au Congo, l’ECC, en faveur de la paix et du vivre-ensemble. Selon son analyse, les autorités rechercheraient davantage la soumission de leurs adversaires qu’une confrontation ouverte des idées.

Sur le terrain de la gouvernance, l’ancien chef de l’État dénonce des arrestations arbitraires, des atteintes aux libertés publiques et des conditions de détention qu’il décrit comme alarmantes. Il évoque le cas de militaires, de responsables politiques, de défenseurs des droits humains et de journalistes.

Joseph Kabila accuse également les dirigeants actuels de laisser prospérer la corruption, les détournements et les contrats désavantageux pour le pays. Il affirme que la dette publique dépasserait désormais 18 milliards de dollars et estime que les engagements concernant les minerais critiques risquent de compromettre l’avenir des générations futures. Les chiffres et appréciations avancés dans ce passage restent ceux de l’auteur du message.

La question constitutionnelle constitue un autre axe majeur de sa prise de position. Joseph Kabila s’oppose à toute démarche visant, selon lui, à remettre en cause le pacte républicain issu de Sun City. Il présente la reprise des travaux parlementaires sur une proposition de loi relative au référendum, ainsi que les mobilisations favorables à un changement de la Constitution, comme des signes d’une volonté de pérennisation du pouvoir.

Il dénonce parallèlement ce qu’il décrit comme une répression des manifestations opposées à ce projet.

L’ancien président revient aussi sur l’accord relatif aux minerais critiques conclu avec les États-Unis. Il estime que les autorités congolaises auraient tort d’y voir une garantie de soutien politique inconditionnel. Dans son raisonnement, un accord entre États engage la continuité des institutions, sans assurer le maintien d’un régime particulier.

Pour répondre à la crise, Joseph Kabila rappelle les douze propositions formulées dans son adresse précédente. Elles comprennent notamment l’arrêt de la guerre, le rétablissement de l’autorité de l’État, la restauration des libertés fondamentales, la réconciliation nationale, la bonne gouvernance et un dialogue permanent avec les pays voisins. Il y ajoute la neutralisation des groupes armés, la fin du recours aux mercenaires et le retrait des troupes étrangères.

Dans la dernière partie de son message, il appelle les Congolais à faire preuve de courage, de discernement et d’engagement. Il affirme que le peuple doit prendre en charge son avenir et annonce qu’il partagera, « dans les heures, jours ou semaines à venir », sa vision des actions à entreprendre collectivement.

Le texte ne précise toutefois ni la nature de ces actions, ni leur calendrier, ni les modalités de leur mise en œuvre. Il marque ainsi une prise de position politique offensive, tout en laissant ouverte la question de ses suites concrètes.

Article importé depuis Afrique Direct News