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RDC : pourquoi Albert Moleka conteste-t-il l’affirmation selon laquelle Joseph Kabila serait le chef de l’AFC/M23 ?

Par Joël Konde L’ancien directeur de cabinet et porte-parole d’Étienne Tshisekedi wa Mulumba conteste la présentation de Joseph Kabila comme chef du M23. Une prise de position qui invite à distinguer la direction d’une rébellion, les accusations de soutien et les causes profondes du conflit dans l’est de la République démocratique du Congo. « Non, […]

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Joel Konde

9 octobre 2026 · 4 min de lecture

RDC : pourquoi Albert Moleka conteste-t-il l’affirmation selon laquelle Joseph Kabila serait le chef de l’AFC/M23 ?

Par Joël Konde

L’ancien directeur de cabinet et porte-parole d’Étienne Tshisekedi wa Mulumba conteste la présentation de Joseph Kabila comme chef du M23. Une prise de position qui invite à distinguer la direction d’une rébellion, les accusations de soutien et les causes profondes du conflit dans l’est de la République démocratique du Congo.

« Non, Joseph Kabila n’est pas le chef du M23. » Cette déclaration d’Albert Moleka, rapportée par Reporter.cd dans un article publié le 9 octobre 2026, intervient dans un débat particulièrement sensible. Selon ce média, l’ancien collaborateur d’Étienne Tshisekedi s’est exprimé au cours d’un entretien avec la journaliste Élysée Odia. Il a également dénoncé les manipulations de l’opinion et ce qu’il qualifie de « racisme contre les Nilotiques ». (reporter.cd)

Pour comprendre cette sortie, une distinction s’impose : affirmer qu’un ancien président dirige personnellement un mouvement armé n’est pas exactement la même chose que l’accuser de lui apporter un soutien politique, matériel ou financier. Ces responsabilités doivent être examinées séparément, à partir d’éléments précis.

Une déclaration qui conteste un récit politique

Le parcours d’Albert Moleka donne une portée particulière à ses propos. Ancien directeur de cabinet et porte-parole d’Étienne Tshisekedi, il a été nommé conseiller spécial de Denis Mukwege en mai 2023. Sa carrière ne se résume donc pas à une proximité avec le camp de Joseph Kabila. (opinion-info.cd)

Son intervention peut se lire comme une contestation de la personnalisation du conflit autour de l’ancien chef de l’État. Cette lecture reste toutefois une analyse de ses propos, et non la preuve d’une intention personnelle ou d’un rapprochement politique.

Dans une crise aussi polarisée, le débat public gagne à poser des questions concrètes : qui donne les ordres ? Qui finance les opérations ? Qui organise les alliances ? Qui exerce une autorité effective sur les combattants ? Les réponses à ces questions permettent de préciser les responsabilités au lieu de les confondre.

Un contexte judiciaire qu’on ne peut pas écarter

La position de Moleka doit cependant être confrontée au dossier judiciaire concernant Joseph Kabila. Le 30 septembre 2025, la Haute Cour militaire de Kinshasa a condamné l’ancien président à mort par contumace, notamment pour trahison et crimes de guerre, dans une affaire liée à sa collaboration présumée avec la rébellion. Joseph Kabila a rejeté les accusations et dénoncé une justice politisée. (reuters.com)

Human Rights Watch a, de son côté, vivement critiqué les conditions du procès et soulevé des préoccupations concernant le respect des garanties judiciaires. (hrw.org)

Il serait donc inexact de présenter les propos de Moleka comme une exonération judiciaire de Joseph Kabila. Sa déclaration exprime une position politique qui conteste l’accusation de leadership. Elle ne suffit pas, à elle seule, à trancher l’ensemble des questions relatives à une éventuelle implication.

Inversement, une discussion sérieuse sur cette implication doit permettre l’examen des preuves et des objections, sans transformer toute contestation en soutien automatique à la rébellion.

Comprendre les causes sans justifier la violence

Le texte à l’origine de cette discussion attribue également à Moleka une invitation à examiner les causes profondes du conflit et des rébellions successives.

Cette démarche soulève une question essentielle : comment construire une paix durable si l’on se limite à désigner un responsable, sans examiner les mécanismes qui permettent aux mouvements armés de se former, de recruter et de se maintenir ?

Une analyse complète doit interroger les dimensions politiques, sécuritaires, régionales et communautaires du conflit. Mais expliquer ces facteurs ne signifie pas légitimer les armes. Aucune revendication ne dispense un mouvement de répondre des violences commises contre les populations.

La recherche des causes et celle des responsabilités doivent avancer ensemble. Les opposer risquerait soit de réduire la guerre à une querelle entre dirigeants, soit de diluer la responsabilité des auteurs d’exactions.

Refuser les amalgames communautaires

La dénonciation des discours visant les personnes qualifiées de « Nilotiques » constitue un autre volet de l’intervention rapportée de Moleka. (reporter.cd)

Le principe à défendre est clair : une origine, une apparence physique ou une appartenance communautaire ne prouve pas une affiliation à un groupe armé. La responsabilité doit être individuelle et fondée sur des actes.

Protéger les citoyens contre la stigmatisation fait partie de la défense de la nation. Cette protection doit s’accompagner d’une exigence tout aussi ferme de justice pour les victimes de la guerre.

Un débat qui exige des preuves

Pourquoi Albert Moleka rejette-t-il donc la présentation de Joseph Kabila comme chef du M23 ? D’après les déclarations rapportées, il conteste une lecture du conflit qu’il juge trompeuse et alerte sur les dangers des amalgames identitaires.

Cette position mérite d’être discutée, sans être transformée en vérité définitive. Le peuple congolais a besoin d’informations vérifiables, d’une justice crédible et d’une clarification des responsabilités. Au-delà de la confrontation entre personnalités politiques, l’enjeu demeure la protection des populations et le retour d’une paix durable.

Article importé depuis Afrique Direct News