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Décès de Kalev Mutond à Paris : une figure de l’ère Kabila disparaît, la cause exacte de sa mort reste inconnue

Par Joël Konde Kalev Mutond, ancien administrateur général de l’Agence nationale de renseignements (ANR), est décédé ce lundi 5 octobre 2026 dans un hôpital parisien, à l’âge de 69 ans. Selon ses proches, il séjournait dans la capitale française depuis près d’un an pour recevoir des soins médicaux. La nature de sa maladie n’a pas […]

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Joel Konde

5 octobre 2026 · 4 min de lecture

Décès de Kalev Mutond à Paris : une figure de l’ère Kabila disparaît, la cause exacte de sa mort reste inconnue

Par Joël Konde

Kalev Mutond, ancien administrateur général de l’Agence nationale de renseignements (ANR), est décédé ce lundi 5 octobre 2026 dans un hôpital parisien, à l’âge de 69 ans. Selon ses proches, il séjournait dans la capitale française depuis près d’un an pour recevoir des soins médicaux. La nature de sa maladie n’a pas été rendue publique. (radiookapi.net)

Dans la vie, toute puissance a ses limites. Les fonctions passent, les régimes changent et aucun pouvoir ne protège de la condition humaine. La disparition de Kalev Mutond rappelle cette réalité. Elle remet également en lumière le parcours controversé d’un homme qui fut, pendant plusieurs années, au cœur de l’appareil sécuritaire congolais.

Selon ACTUALITE.CD, qui cite des sources proches du dossier, son décès a été constaté vers 6 heures du matin. Sa famille a confirmé la nouvelle et les services de renseignements en ont été informés. Le média précise que son état de santé s’était aggravé au cours des deux dernières semaines. Aucun diagnostic précis n’a cependant été communiqué. (actualite.cd)

Le site 7SUR7.CD rapporte, pour sa part, que le décès serait survenu après une intervention chirurgicale, selon des agents des services de renseignements ayant travaillé sous son autorité. Cette information doit rester au conditionnel. Elle ne permet ni d’identifier la maladie dont il souffrait, ni d’établir que l’intervention a provoqué sa mort. À ce stade, la cause médicale exacte demeure inconnue. (7sur7.cd)

Né le 3 mars 1957, Kalev Mutond avait dirigé l’ANR de 2011 à 2019, sous la présidence de Joseph Kabila. Considéré comme un homme de confiance de l’ancien chef de l’État, il occupait une place importante dans le dispositif de renseignements du pays. Son nom est ainsi resté étroitement associé à l’appareil sécuritaire de cette période. (actualite.cd)

Sa proximité avec le pouvoir et son influence lui avaient valu le surnom de « super flic ». Derrière cette appellation se dessinait l’image d’un responsable discret, mais puissant, dont l’autorité suscitait autant de crainte que de controverses. Son passage à la tête de l’ANR reste notamment associé aux accusations de répression formulées par des opposants et des personnes se présentant comme victimes des services de renseignements. (congorassure.cd)

Le 12 décembre 2016, le département américain du Trésor avait annoncé des sanctions contre Kalev Mutond et Évariste Boshab. Washington leur reprochait des actions ou des politiques compromettant les processus ou les institutions démocratiques en RDC. Ces mesures avaient placé l’ancien patron des renseignements au centre des critiques internationales visant les responsables congolais de l’époque. (home.treasury.gov)

Kalev Mutond avait également fait l’objet de mesures restrictives européennes. Le 19 juin 2023, le Conseil de l’Union européenne l’avait toutefois retiré de sa liste de sanctions, ainsi qu’Emmanuel Ramazani Shadary, à la suite d’arrêts rendus par le Tribunal de l’Union européenne en mars de la même année. Ce retrait doit être mentionné pour présenter avec précision l’évolution de son dossier. (consilium.europa.eu)

En RDC, plusieurs plaintes avaient été déposées contre lui, notamment pour des accusations d’arrestations arbitraires, de tortures et d’enlèvements imputés à l’ANR sous sa direction. Kalev Mutond avait rejeté les accusations visant ses services. Dans une interview accordée à Radio Okapi en 2021, il dénonçait ce qu’il considérait comme une campagne politique contre l’agence. (radiookapi.net)

Après plusieurs mois d’exil, il était rentré au pays en août 2022. Le 10 août 2023, le procureur général près la cour d’appel de Kinshasa-Gombe avait annoncé la suspension de l’avis de recherche le visant, estimant que les raisons ayant motivé cette mesure ne subsistaient plus. Cette décision concernait l’avis de recherche : elle ne doit pas être présentée comme un jugement établissant son innocence sur toutes les accusations. (actualite.cd)

Sa disparition invite à une réflexion plus large sur l’exercice du pouvoir en République démocratique du Congo. Les services de renseignements ont une mission de protection de l’État et de la population. Leur efficacité ne devrait jamais dispenser leurs responsables du respect des droits fondamentaux, du contrôle institutionnel et de l’obligation de rendre des comptes.

Cette exigence vaut pour tous les gouvernements. Pour examiner les pratiques de l’actuel pouvoir, il faut toutefois s’appuyer sur des faits documentés, des témoignages vérifiés et des enquêtes précises. Le décès d’un ancien responsable ne suffit pas à démontrer, à lui seul, une continuité des méthodes entre deux régimes.

Kalev Mutond laisse donc un héritage controversé, entre influence politique, accusations graves et contestation de ces accusations. Sa mort clôt un parcours personnel, mais elle ne met pas fin au débat sur le fonctionnement des services de sécurité et les attentes des victimes présumées. Quant aux circonstances médicales de son décès, les informations disponibles permettent seulement d’affirmer qu’il était en soins à Paris ; elles ne permettent pas encore de nommer la maladie qui l’a emporté.

Article importé depuis Afrique Direct News