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Le Rwanda a été élu par acclamation pour assurer la présidence du Groupe des 77 et la Chine en 2027

Par Joël Konde Kigali prendra ainsi, pendant une année, la tête de l’un des principaux regroupements de pays en développement au sein du système des Nations unies, succédant à l’Uruguay, qui exerce cette responsabilité en 2026. La décision a été prise le 25 septembre 2026 à New York, lors de la 50e réunion annuelle des […]

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Joel Konde

29 septembre 2026 · 5 min de lecture

Le Rwanda a été élu par acclamation pour assurer la présidence du Groupe des 77 et la Chine en 2027

Par Joël Konde

Kigali prendra ainsi, pendant une année, la tête de l’un des principaux regroupements de pays en développement au sein du système des Nations unies, succédant à l’Uruguay, qui exerce cette responsabilité en 2026.

La décision a été prise le 25 septembre 2026 à New York, lors de la 50e réunion annuelle des ministres des Affaires étrangères du G77 et de la Chine, organisée en marge de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies.

Pour 2027, la présidence revenait au groupe africain selon le principe de rotation régionale appliqué par le G77. La candidature du Rwanda avait été soutenue par le groupe africain avant d’être soumise aux autres membres. Les ministres ont finalement élu le pays par acclamation.

Cette désignation constitue une étape importante pour la diplomatie rwandaise et intervient dans un contexte régional particulièrement sensible, marqué notamment par la persistance du conflit dans l’est de la République démocratique du Congo.

Une organisation majeure des pays en développement

Créé le 15 juin 1964 à l’issue de la première Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, à Genève, le Groupe des 77 réunissait initialement 77 pays en développement signataires d’une déclaration commune.

Malgré l’élargissement considérable du groupe depuis sa création, l’appellation « G77 » a été conservée pour des raisons historiques.

Aujourd’hui, le regroupement compte 134 membres dans le cadre du G77 et de la Chine et constitue une plateforme importante de coordination des positions des pays en développement au sein du système des Nations unies.

Ses membres cherchent notamment à défendre leurs intérêts économiques collectifs, à renforcer leur capacité de négociation dans les grandes discussions internationales et à promouvoir la coopération Sud-Sud.

La République démocratique du Congo possède elle-même une histoire ancienne au sein de cette organisation. Le Congo-Léopoldville, devenu par la suite la République démocratique du Congo, figurait parmi les pays signataires de la déclaration fondatrice du 15 juin 1964.

Le Rwanda faisait également partie des membres fondateurs.

Kigali à la tête du groupe en 2027

La présidence du G77 n’est pas simplement symbolique. Le pays qui l’assume joue un rôle de coordination et de représentation des positions collectives du groupe dans différents débats internationaux.

Durant son mandat, Kigali devra donc chercher à rapprocher les positions d’États ayant parfois des intérêts économiques, politiques et géostratégiques très différents.

Les discussions pourront notamment porter sur le développement durable, la réforme des institutions financières internationales, le financement climatique, la coopération Sud-Sud, les nouvelles technologies ou encore la place des pays en développement dans la gouvernance mondiale.

En acceptant cette responsabilité, le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a remercié les membres du groupe pour leur confiance et affirmé la volonté de son gouvernement de défendre les positions collectives des pays membres.

La présidence permettra également au Rwanda d’occuper une position diplomatique particulièrement visible dans les discussions multilatérales pendant l’année 2027.

Une désignation dans un contexte régional sensible

Cette évolution intervient alors que le Rwanda reste au centre d’importantes tensions diplomatiques liées à la situation sécuritaire dans l’est de la RDC.

Kigali a fait l’objet de fortes pressions internationales concernant les accusations de soutien au M23. Les autorités rwandaises ont contesté plusieurs accusations formulées à leur encontre et mettent notamment en avant leurs préoccupations sécuritaires liées à la présence de groupes armés dans l’est congolais.

La présidence du G77 en 2027 ne signifie donc pas automatiquement la disparition de ces différends.

Elle démontre néanmoins que les tensions entourant la crise congolaise n’ont pas empêché les membres du groupe, et auparavant le groupe africain, de soutenir la candidature rwandaise à cette responsabilité multilatérale.

Il faut également rappeler que le G77 est avant tout une organisation consacrée aux questions de développement et de coopération économique. Sa présidence ne constitue donc pas un jugement sur les différends sécuritaires opposant certains de ses États membres.

Kigali et Bruxelles renouent également leurs relations

Cette désignation intervient quelques jours seulement après une autre évolution importante pour la diplomatie rwandaise.

Le 22 septembre 2026, la Belgique et le Rwanda ont officiellement annoncé le rétablissement de leurs relations diplomatiques après environ dix-huit mois de rupture.

Kigali avait rompu ses relations avec Bruxelles en mars 2025, dans un contexte de fortes divergences concernant la guerre dans l’est de la RDC.

Après plusieurs mois de contacts diplomatiques, les ministres des Affaires étrangères des deux pays ont décidé de rétablir les relations et de rouvrir progressivement leurs ambassades.

Cette normalisation ne signifie toutefois pas que les désaccords entre Bruxelles et Kigali sur le dossier congolais ont disparu. La Belgique a notamment réaffirmé son soutien à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo.

Les deux pays ont néanmoins choisi de rétablir un canal officiel de dialogue pour gérer leurs divergences.

Quelles conséquences pour la RDC ?

Pour Kinshasa, l’arrivée du Rwanda à la présidence du G77 en 2027 constituera une réalité diplomatique à suivre avec attention.

La RDC et le Rwanda appartiennent tous deux au G77 depuis sa création en 1964. Ils devront donc continuer à participer aux travaux d’une même organisation internationale malgré les profondes tensions qui caractérisent leurs relations bilatérales.

La présidence rwandaise ne donnera pas à Kigali le pouvoir de décider seul des positions du groupe. Le fonctionnement du G77 repose largement sur la recherche de positions communes entre ses membres.

Cette distinction est importante : présider le G77 signifie coordonner et représenter le groupe, et non imposer automatiquement la politique étrangère du pays qui en assure la présidence aux autres États membres.

Pour le Rwanda, cette responsabilité offrira cependant une tribune diplomatique importante en 2027 et renforcera sa visibilité dans les discussions concernant les priorités du monde en développement.

Dans un contexte où Kigali cherche parallèlement à normaliser certaines de ses relations internationales, notamment avec la Belgique, son accession à la présidence du G77 constitue donc un développement diplomatique significatif.

Reste maintenant à observer comment le Rwanda utilisera cette responsabilité et comment il parviendra à concilier ses propres intérêts nationaux avec son obligation de représenter les positions collectives d’un groupe réunissant plus d’une centaine de pays, parmi lesquels figure également son voisin congolais.

Article importé depuis Afrique Direct News