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Donald Trump affirme avoir mis fin à la guerre entre la RDC et le Rwanda : où en est réellement l’accord de paix ?

Par Joël Konde Le président américain Donald Trump continue de mettre en avant le rôle joué par les États-Unis dans le rapprochement entre la République démocratique du Congo et le Rwanda. En marge des activités diplomatiques organisées à New York autour de l’Assemblée générale des Nations unies, le dirigeant américain est revenu sur le conflit […]

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Joel Konde

29 septembre 2026 · 8 min de lecture

Donald Trump affirme avoir mis fin à la guerre entre la RDC et le Rwanda : où en est réellement l’accord de paix ?

Par Joël Konde

Le président américain Donald Trump continue de mettre en avant le rôle joué par les États-Unis dans le rapprochement entre la République démocratique du Congo et le Rwanda. En marge des activités diplomatiques organisées à New York autour de l’Assemblée générale des Nations unies, le dirigeant américain est revenu sur le conflit qui déstabilise depuis plusieurs années l’est de la RDC.

Interrogé le 28 septembre 2026 sur la situation sécuritaire entre les deux pays, Donald Trump a déclaré : « Nous avons mis fin à la guerre entre le Congo et le Rwanda, et ils ont tous les deux signé et ils ont tous les deux accepté. » Il a également assuré que les États-Unis réagiraient si des problèmes compromettaient le processus engagé.

Cette déclaration traduit la volonté du président américain de présenter la médiation de Washington comme l’une des réalisations diplomatiques importantes de son administration. Mais elle soulève également une question essentielle : la signature d’un accord entre Kinshasa et Kigali signifie-t-elle réellement que la guerre est terminée ?

Washington au centre du rapprochement entre Kinshasa et Kigali

Les États-Unis ont effectivement joué un rôle majeur dans le rapprochement diplomatique entre la RDC et le Rwanda.

Le processus a notamment abouti à l’accord de paix entre les deux pays, avant une nouvelle étape importante le 4 décembre 2025 à Washington. Ce jour-là, les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame ont participé, en présence de Donald Trump, à une cérémonie consacrée à l’endossement formel de l’accord de paix et du cadre d’intégration économique régionale. La MONUSCO avait alors salué cette étape diplomatique. (The White House)

Pour Washington, l’objectif dépasse la simple cessation des hostilités. Le processus cherche notamment à réduire les tensions entre les deux États, répondre aux préoccupations sécuritaires régionales et créer les conditions permettant une coopération économique plus importante.

L’ONU avait elle-même qualifié les accords de Washington d’étape importante vers le rétablissement de la confiance entre la RDC et le Rwanda. Le secrétaire général António Guterres avait félicité Félix Tshisekedi et Paul Kagame tout en rappelant que les engagements pris devaient être effectivement respectés, notamment concernant le cessez-le-feu. (UN Peacekeeping)

C’est donc sur cette base que Donald Trump affirme aujourd’hui avoir contribué à mettre fin à la guerre entre les deux voisins.

Un accord historique, mais une paix encore à construire

Sur le plan diplomatique, la rencontre de Washington constitue incontestablement une étape importante. Après plusieurs années d’accusations mutuelles et de tensions militaires, voir les dirigeants congolais et rwandais s’engager dans un processus négocié représente une évolution majeure.

Mais la réalité sur le terrain reste plus complexe.

En juin 2026, le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en RDC, James Swan, indiquait devant le Conseil de sécurité que les différents processus diplomatiques — Washington, Doha et les initiatives conduites sous l’égide de l’Union africaine — avaient créé une voie commune vers la paix. Il soulignait cependant que les engagements devaient encore être pleinement appliqués.

L’ONU signalait au même moment que la situation sécuritaire demeurait très instable dans plusieurs zones du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri. Des affrontements continuaient notamment entre l’AFC/M23, soutenu selon l’ONU par les forces rwandaises, et les FARDC appuyées par leurs alliés. (UN Peacekeeping)

Cette situation montre toute la différence entre un accord de paix signé par des gouvernements et une paix effectivement vécue par les populations.

Un document peut créer un cadre politique. Il peut définir les responsabilités des parties, établir des mécanismes de vérification et ouvrir la voie à la normalisation diplomatique. Mais son succès dépend ensuite de son application.

La question du M23 reste incontournable

L’une des difficultés majeures réside dans la situation de l’AFC/M23.

Le conflit dans l’est de la RDC ne se limite pas à une confrontation directe entre les gouvernements congolais et rwandais. Plusieurs groupes armés sont impliqués, avec des intérêts politiques, militaires et économiques différents.

En juillet 2026, le Conseil de sécurité des Nations unies a inscrit l’Alliance Fleuve Congo sur sa liste de sanctions, la décrivant comme un mouvement politico-militaire allié au M23 et actif dans l’est de la RDC. Selon l’ONU, l’AFC apporte un soutien politique, logistique et opérationnel au M23 et à d’autres groupes armés. (United Nations)

Parallèlement au processus de Washington entre la RDC et le Rwanda, des négociations distinctes ont donc été nécessaires entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23.

C’est notamment le rôle du processus de Doha, soutenu par le Qatar avec la participation d’autres partenaires internationaux.

En avril 2026, la MONUSCO avait salué les progrès réalisés lors de discussions entre Kinshasa et l’AFC/M23 concernant notamment l’accès humanitaire, la protection des populations et la mise en place de mécanismes permettant de vérifier le cessez-le-feu. (UN Peacekeeping)

Cette coexistence de plusieurs processus diplomatiques démontre que la paix dans l’est du Congo ne peut probablement pas dépendre d’un seul accord.

Peut-on alors dire que l’accord fonctionne ?

La réponse dépend de ce que l’on entend par « fonctionner ».

Sur le plan diplomatique, des progrès sont visibles. La RDC et le Rwanda disposent désormais d’un cadre négocié. Washington reste engagé dans le dossier. Le Qatar poursuit sa médiation entre Kinshasa et l’AFC/M23. L’Union africaine et les Nations unies continuent également d’accompagner les différentes initiatives.

Un autre signe de détente régionale est apparu en septembre 2026 avec la reprise des relations diplomatiques entre la Belgique et le Rwanda, rompues depuis mars 2025 à cause notamment des divergences liées au conflit dans l’est de la RDC. (Reuters)

Cependant, si l’on mesure la réussite de l’accord uniquement par la disparition des combats, le retour de l’autorité de l’État congolais dans toutes les zones concernées, le retour durable des déplacés et la sécurité complète des populations civiles, le processus n’a pas encore atteint tous ses objectifs.

L’ONU continue d’appeler les différentes parties à respecter leurs engagements et à mettre en œuvre les mécanismes de vérification du cessez-le-feu.

C’est probablement là que se trouve le véritable test de l’accord de Washington : passer des engagements diplomatiques aux changements concrets sur le terrain.

Tshisekedi et Kagame face à une responsabilité historique

Pour Félix Tshisekedi et Paul Kagame, les prochains mois seront donc déterminants.

Les deux dirigeants ont accepté de s’engager dans un processus soutenu par Washington. Mais la réussite d’un accord ne dépend pas uniquement de la cérémonie au cours de laquelle il est signé.

Elle dépend de la capacité des parties à maintenir le dialogue lorsque des incidents surviennent, à respecter les engagements sécuritaires, à soutenir les mécanismes de vérification et à éviter une nouvelle escalade militaire.

Pour la RDC, la priorité demeure également la restauration durable de la sécurité et de l’autorité de l’État dans les territoires affectés par les conflits.

Pour le Rwanda, les préoccupations sécuritaires qu’il invoque depuis plusieurs années, notamment concernant les FDLR, restent au cœur des discussions régionales. De son côté, Kinshasa insiste sur le respect de sa souveraineté et de son intégrité territoriale.

Une paix durable devra donc répondre aux préoccupations sécuritaires légitimes sans remettre en cause les frontières et la souveraineté des États.

La population congolaise attend surtout des résultats

Au-delà des déclarations de Washington, Kinshasa, Kigali ou New York, la véritable mesure du succès restera la situation vécue par les populations de l’est de la RDC.

Pour une famille déplacée du Nord-Kivu ou du Sud-Kivu, la paix ne se mesure pas au nombre d’accords signés. Elle se mesure à la possibilité de retourner dans son village, cultiver ses terres, envoyer ses enfants à l’école, circuler librement et vivre sans craindre une nouvelle attaque.

C’est pourquoi les avancées diplomatiques doivent être accompagnées de résultats sécuritaires, humanitaires et politiques vérifiables.

Donald Trump peut légitimement mettre en avant le rôle diplomatique joué par son administration dans le rapprochement entre la RDC et le Rwanda. Les accords de Washington ont ouvert une nouvelle possibilité de dialogue entre deux pays dont les relations étaient extrêmement tendues.

Mais affirmer que la guerre est terminée constitue avant tout la position exprimée par le président américain. Les informations publiées par les Nations unies en 2026 montrent que des violences et des affrontements ont continué dans certaines parties de l’est de la RDC malgré les avancées diplomatiques. (UN Peacekeeping)

Il faut donc distinguer la fin d’une confrontation politique ouverte entre deux États, la signature d’un accord de paix et la disparition effective de la violence sur le terrain.

L’accord de Washington représente une opportunité importante. Sa réussite dépendra cependant de son application, du respect des engagements pris et de la coordination avec les autres processus, notamment celui de Doha.

La paix durable que réclament depuis longtemps des millions de Congolais ne sera véritablement acquise que lorsque les engagements diplomatiques se traduiront par une amélioration durable de la sécurité.

Le temps permettra donc de déterminer si l’accord que Donald Trump présente comme une réussite historique aura réellement réussi à transformer la situation dans l’est de la République démocratique du Congo.

Pour Félix Tshisekedi comme pour Paul Kagame, l’enjeu dépasse désormais les déclarations politiques : il s’agit de démontrer que les engagements pris peuvent produire une paix réelle, durable et vérifiable pour les populations de la région.

Article importé depuis Afrique Direct News