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BURKINA FASO : IBRAHIM TRAORÉ INAUGURE LA PREMIÈRE RAFFINERIE D’OR DU PAYS, TROIS ANS APRÈS LE LANCEMENT DU PROJET

Par Joël Konde Le Burkina Faso vient de franchir une nouvelle étape dans le développement de son industrie minière. Ce lundi 28 septembre 2026, le président burkinabè, le capitaine Ibrahim Traoré, a procédé à Ouagadougou à l’inauguration officielle de RAFFINOR-BF, présentée comme la première raffinerie nationale d’or du pays. Cette inauguration intervient près de trois […]

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Joel Konde

28 septembre 2026 · 7 min de lecture

BURKINA FASO : IBRAHIM TRAORÉ INAUGURE LA PREMIÈRE RAFFINERIE D’OR DU PAYS, TROIS ANS APRÈS LE LANCEMENT DU PROJET

Par Joël Konde

Le Burkina Faso vient de franchir une nouvelle étape dans le développement de son industrie minière. Ce lundi 28 septembre 2026, le président burkinabè, le capitaine Ibrahim Traoré, a procédé à Ouagadougou à l’inauguration officielle de RAFFINOR-BF, présentée comme la première raffinerie nationale d’or du pays.

Cette inauguration intervient près de trois ans après la pose de la première pierre du projet, le 23 novembre 2023. À l’époque, les autorités burkinabè avaient affiché leur volonté de permettre au pays de raffiner sur son propre territoire une partie de l’or extrait de son sous-sol, au lieu de dépendre essentiellement d’infrastructures situées à l’étranger pour cette étape de transformation.

Avec la mise en service de RAFFINOR-BF, cette ambition entre désormais dans une phase opérationnelle. L’objectif affiché par les autorités est notamment de renforcer la transformation locale des ressources minières, d’améliorer le contrôle de la filière aurifère et de conserver une plus grande partie de la valeur ajoutée générée par l’exploitation de l’or au Burkina Faso.

UNE INFRASTRUCTURE INSTALLÉE SUR CINQ HECTARES À OUAGADOUGOU

RAFFINOR-BF est installée dans le quartier de Ouaga 2000, à Ouagadougou, sur une superficie d’environ cinq hectares. Le complexe dispose de plusieurs installations destinées au traitement et à la valorisation du métal précieux.

Il comprend notamment une fonderie, un laboratoire d’analyse, une zone sécurisée destinée au stockage de l’or ainsi qu’une unité de bijouterie. Le siège de la Société nationale des substances précieuses du Burkina Faso, la SONASP, est également installé sur le site.

Pour sa première phase, la raffinerie disposerait d’une capacité annuelle d’environ 164 tonnes d’or, certains chiffres communiqués autour de l’inauguration évoquant une capacité pouvant aller jusqu’à 167 tonnes. L’installation est conçue pour produire de l’or fin avec un degré de pureté pouvant atteindre 99,99 %, correspondant à de l’or de 24 carats.

Une deuxième phase du projet est également annoncée. Selon les informations communiquées lors de l’inauguration, l’extension envisagée pourrait porter la capacité globale de raffinage à environ 515 tonnes par an.

Cette capacité est importante au regard de la production aurifère actuelle du pays. Selon les chiffres officiels présentés par le gouvernement burkinabè, le Burkina Faso a produit plus de 94 tonnes d’or en 2025, en tenant compte des différentes composantes de la production nationale.

UN PROJET LANCÉ EN NOVEMBRE 2023

L’histoire de cette raffinerie remonte officiellement au 23 novembre 2023, lorsque le capitaine Ibrahim Traoré avait procédé à la pose de la première pierre.

À cette époque, la capacité annoncée était d’environ 400 kilogrammes d’or par jour, soit près de 150 tonnes par an. Le projet devait permettre au Burkina Faso de disposer d’une infrastructure nationale capable d’assurer localement le raffinage de son or.

Le gouvernement expliquait alors que l’or produit dans le pays devait encore être envoyé à l’étranger pour être raffiné. Cette situation signifiait qu’une partie des activités de transformation, d’expertise et de valorisation liées à la production aurifère était réalisée hors du territoire burkinabè.

Pour les autorités, la construction d’une raffinerie nationale devait donc permettre de modifier progressivement cette organisation.

Près de trois ans après la pose de la première pierre, l’inauguration de RAFFINOR-BF représente ainsi l’aboutissement concret de cette première étape industrielle.

TRANSFORMER DAVANTAGE LES RESSOURCES SUR PLACE

Le principal enjeu de cette infrastructure dépasse la simple production de lingots d’or.

Pour le Burkina Faso, il s’agit également de développer une chaîne de valeur autour de l’exploitation de ses ressources naturelles. Pendant longtemps, de nombreux pays africains producteurs de matières premières ont exporté une grande partie de leurs ressources avec un niveau limité de transformation locale.

Or, plus une matière première est transformée localement, plus certaines activités économiques associées peuvent rester dans le pays : emplois spécialisés, laboratoires, certification, expertise technique, stockage, logistique ou encore fabrication de produits dérivés.

Dans le cas de RAFFINOR-BF, la présence d’une unité de bijouterie illustre notamment cette volonté d’aller au-delà de la simple extraction minière.

La stratégie annoncée consiste donc à faire évoluer progressivement le Burkina Faso d’un pays essentiellement producteur d’or vers un pays également capable d’en assurer une partie du raffinage et de la transformation.

L’OR, UNE RESSOURCE MAJEURE POUR L’ÉCONOMIE BURKINABÈ

Cette nouvelle infrastructure prend une importance particulière lorsqu’on considère la place de l’or dans l’économie nationale.

Le Burkina Faso figure parmi les producteurs d’or importants d’Afrique de l’Ouest. Le métal jaune constitue depuis plusieurs années l’une des principales ressources d’exportation du pays.

Selon les chiffres officiels du gouvernement, la production aurifère nationale a dépassé 94 tonnes en 2025, dont une part importante provenant de l’exploitation artisanale et semi-mécanisée.

Le développement d’une capacité nationale de raffinage pourrait donc permettre de traiter localement une partie significative de cette production.

Cependant, la construction d’une raffinerie ne signifie pas automatiquement que la totalité de l’or produit au Burkina Faso sera immédiatement raffinée sur place. Le fonctionnement effectif de cette stratégie dépendra notamment des volumes collectés, des contrats conclus avec les producteurs, des normes internationales, des capacités logistiques et de la compétitivité de l’installation.

Les prochaines années permettront donc de mesurer concrètement l’impact économique de RAFFINOR-BF.

DES RETOMBÉES ATTENDUES SUR L’EMPLOI

Le projet pourrait également contribuer à la création d’emplois.

Selon les chiffres communiqués autour de la raffinerie, environ 100 emplois directs et plus de 5 000 emplois indirects pourraient être générés à terme.

Les emplois directs concernent notamment les activités techniques et administratives nécessaires au fonctionnement de l’installation : ingénieurs, techniciens, spécialistes de laboratoire, personnel de sécurité, administration ou encore professionnels de la bijouterie.

Les emplois indirects pourraient concerner un ensemble plus large d’activités liées à la chaîne de valeur : transport, logistique, maintenance, sous-traitance, commerce et différents services.

L’un des défis sera toutefois de développer parallèlement les compétences locales nécessaires pour occuper durablement les postes techniques liés au raffinage et à la transformation des métaux précieux.

UN INVESTISSEMENT DE PLUS DE 11 MILLIARDS DE FCFA

Le coût annoncé de RAFFINOR-BF dépasse 11 milliards de francs CFA. Le financement a notamment été assuré par l’État burkinabè à travers la SONASP, avec la participation de partenaires privés.

Pour les autorités burkinabè, cet investissement s’inscrit dans une politique plus large visant à renforcer la maîtrise nationale des ressources minières et à développer leur transformation locale.

L’objectif affiché ne concerne d’ailleurs pas uniquement l’or. Le gouvernement burkinabè souhaite également accroître progressivement la valorisation locale d’autres ressources minières présentes dans le sous-sol national.

Cette politique devra néanmoins être évaluée sur le long terme en fonction des résultats obtenus : rentabilité de la raffinerie, volumes réellement traités, recettes supplémentaires générées pour l’État, emplois créés, transparence de la commercialisation et capacité du pays à respecter les standards internationaux du marché aurifère.

UNE NOUVELLE ÉTAPE POUR LE SECTEUR MINIER BURKINABÈ

L’inauguration de RAFFINOR-BF constitue donc une étape importante dans l’évolution du secteur minier burkinabè.

En novembre 2023, le projet n’était encore qu’un chantier dont la première pierre venait d’être posée. En septembre 2026, l’infrastructure entre officiellement en service.

Le Burkina Faso dispose désormais d’un outil permettant de raffiner sur son territoire une partie de l’or extrait de son sous-sol, avec une capacité annoncée largement supérieure à la production nationale enregistrée en 2025.

Le véritable enjeu commence maintenant : transformer cette infrastructure industrielle en un outil économiquement performant, capable de créer durablement de la valeur, des emplois et des compétences au Burkina Faso.

Pour les autorités dirigées par Ibrahim Traoré, RAFFINOR-BF représente également la concrétisation d’une orientation annoncée depuis 2023 : réduire la dépendance à l’égard du raffinage effectué à l’étranger et renforcer la transformation locale des ressources naturelles.

Trois ans après le lancement du projet, le Burkina Faso passe donc de la promesse à la mise en service d’une infrastructure qui pourrait modifier progressivement l’organisation de sa filière aurifère.

Reste désormais à observer, dans les prochaines années, les volumes réellement raffinés sur place et les retombées économiques que cette nouvelle industrie apportera à la population et à l’économie burkinabè.

Article importé depuis Afrique Direct News