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Crash de Kenge : les FARDC répondent aux accusations de Kalonji Kabamba et menacent de saisir la justice

Par Joël Konde Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) sont montées au créneau après la diffusion sur les réseaux sociaux de déclarations de Kalonji Kabamba, connu notamment à travers Kalonji TV, concernant les circonstances entourant la mort de deux hauts magistrats militaires dans le crash d’un avion survenu à Kenge le […]

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Joel Konde

28 septembre 2026 · 5 min de lecture

Crash de Kenge : les FARDC répondent aux accusations de Kalonji Kabamba et menacent de saisir la justice

Par Joël Konde

Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) sont montées au créneau après la diffusion sur les réseaux sociaux de déclarations de Kalonji Kabamba, connu notamment à travers Kalonji TV, concernant les circonstances entourant la mort de deux hauts magistrats militaires dans le crash d’un avion survenu à Kenge le 25 septembre 2026.

Dans un communiqué de presse daté du 27 septembre 2026, l’État-major général des FARDC a rejeté les accusations formulées par le vidéaste et a apporté sa version des faits concernant la mission effectuée par les deux responsables militaires décédés. L’armée congolaise considère que plusieurs affirmations diffusées sur les réseaux sociaux sont sans fondement et annonce qu’elle se réserve le droit de saisir la justice.

La polémique intervient dans un contexte particulièrement sensible. La disparition de hauts responsables de la justice militaire dans un accident aérien suscite naturellement des interrogations au sein de l’opinion publique congolaise. Sur les réseaux sociaux, plusieurs commentaires et hypothèses ont circulé concernant leur déplacement, leur mission ainsi que les circonstances du drame.

Kalonji Kabamba a notamment avancé plusieurs accusations concernant l’organisation de cette mission. Il a également évoqué la disparition présumée d’armes antiaériennes et d’armes destinées aux tireurs d’élite à Kamina, qui auraient, selon ses déclarations, un lien avec des événements survenus à Kenge.

À ce stade, les éléments rendus publics dans le communiqué des FARDC ne permettent toutefois pas d’établir la véracité de ces accusations. L’armée congolaise les conteste catégoriquement et reproche à Kalonji Kabamba de présenter certaines affirmations comme des certitudes sans apporter de preuves permettant de les confirmer.

Les FARDC expliquent la nature de la mission

L’un des principaux points de la mise au point concerne la raison de la présence des deux hauts magistrats militaires dans cette partie du pays.

Selon l’État-major général, la mission effectuée à Kikwit par le Premier président de la Haute Cour militaire et l’Auditeur général des Forces armées près la Haute Cour militaire était une « mission d’inspection judiciaire normale et officielle » relevant de leurs compétences.

Les FARDC précisent également que les deux hauts magistrats avaient l’habitude d’effectuer ensemble des déplacements dans le cadre de missions analogues. Selon l’armée, cette pratique correspondait à leur organisation interne et ne constituait donc pas une situation inhabituelle.

Cette précision vise à répondre aux interrogations soulevées après l’accident sur la présence simultanée de deux personnalités importantes de la justice militaire à bord du même appareil.

L’armée rejette également les déclarations concernant la prétendue disparition d’armes à Kamina. Dans son communiqué, elle estime que ces accusations ont été formulées « sans preuves » et qu’elles portent atteinte à l’honneur et à la crédibilité des Forces armées.

L’armée envisage une action en justice

Face à la gravité des accusations, les FARDC ne se limitent pas à un simple démenti public. Elles indiquent se réserver le droit de saisir la justice concernant les déclarations diffusées par Kalonji Kabamba.

Une éventuelle procédure judiciaire permettrait alors aux autorités compétentes d’examiner les accusations, les éléments disponibles et les responsabilités éventuelles. Il appartiendrait à la justice, et non aux réseaux sociaux, de déterminer si les déclarations concernées constituent ou non une infraction au regard de la législation applicable.

Cette controverse rappelle ainsi l’importance de distinguer une accusation, une hypothèse et un fait établi, particulièrement lorsqu’il est question de sécurité nationale, d’opérations militaires ou de la mort de hauts responsables de l’État.

Les réseaux sociaux permettent aujourd’hui à une information de toucher plusieurs milliers de personnes en quelques minutes. Mais cette rapidité peut également favoriser la diffusion d’informations incomplètes, non vérifiées ou sorties de leur contexte.

Un appel à la prudence face aux informations non vérifiées

Dans son communiqué, l’État-major général appelle la population congolaise à ne pas accorder de crédit aux déclarations qu’il considère comme non fondées concernant cet accident.

Les FARDC estiment également que les spéculations autour du drame peuvent porter atteinte aux familles des victimes alors qu’elles traversent une période de deuil.

Il faut néanmoins distinguer cet appel à la prudence du droit du public et des journalistes à poser des questions sur les circonstances d’un événement impliquant des responsables publics. L’existence d’interrogations ne constitue pas en elle-même une preuve d’un complot ou d’une responsabilité particulière. De la même manière, une accusation diffusée sur Internet ne devient pas un fait établi simplement parce qu’elle est largement partagée.

La recherche de la vérité nécessite donc des éléments vérifiables : documents, témoignages crédibles, résultats d’enquête, expertises techniques et conclusions des autorités compétentes.

Une affaire qui continue de susciter des interrogations

La mort de ces hauts magistrats militaires intervient alors que la République démocratique du Congo traverse une période marquée par d’importants défis sécuritaires. Dans un tel contexte, les informations concernant l’armée et la justice militaire sont particulièrement sensibles et peuvent rapidement provoquer des réactions dans l’opinion publique.

Pour le moment, la position officielle des FARDC est claire : la mission des deux magistrats était régulière et officielle, et l’armée rejette les accusations formulées par Kalonji Kabamba concernant notamment les armes qui auraient disparu à Kamina.

De son côté, Kalonji Kabamba reste responsable des affirmations qu’il a rendues publiques et des éléments qu’il pourrait éventuellement présenter pour les étayer.

Au-delà de la confrontation entre un créateur de contenu et l’institution militaire, cette affaire pose donc une question plus large : comment informer le public sur des dossiers militaires sensibles tout en évitant de transformer des hypothèses en certitudes ?

La réponse passe par la vérification des informations, la confrontation des sources et la présentation claire de ce qui est établi, de ce qui est contesté et de ce qui reste encore à déterminer.

À ce stade, les causes précises du crash et les différentes affirmations entourant cette affaire doivent être examinées sur la base d’éléments vérifiables. Les conclusions d’une enquête officielle et indépendante des spéculations circulant sur les réseaux sociaux seront déterminantes pour apporter davantage de lumière sur les circonstances du drame.

Article importé depuis Afrique Direct News