Article
Tous les articles·Actualité

Crash de Kenge : le Conseil supérieur de la magistrature déplore la perte de deux hauts magistrats

par Joel Konde Le Conseil supérieur de la magistrature a annoncé une réunion d’urgence à la suite du crash survenu à Kenge, dans la province du Kwango, qui a coûté la vie à deux hauts magistrats congolais, dont le premier président de la Haute Cour militaire. Cette réunion, qui doit se tenir à huis clos, suscite de nombreuses interrogations au sein de l’opinion congolaise. Au-delà de l’hommage rendu aux deux disparus, certains se demandent si le Conseil supérieur de la magistrature entend également examiner les circonstances exactes de cet accident et déterminer d’éventuelles responsabilités. Plusieurs questions restent en effet sans réponse […]

J

Joel Konde

26 septembre 2026 · 7 min de lecture

Crash de Kenge : le Conseil supérieur de la magistrature déplore la perte de deux hauts magistrats

par Joel Konde

Le Conseil supérieur de la magistrature a annoncé une réunion d’urgence à la suite du crash survenu à Kenge, dans la province du Kwango, qui a coûté la vie à deux hauts magistrats congolais, dont le premier président de la Haute Cour militaire.

Cette réunion, qui doit se tenir à huis clos, suscite de nombreuses interrogations au sein de l’opinion congolaise. Au-delà de l’hommage rendu aux deux disparus, certains se demandent si le Conseil supérieur de la magistrature entend également examiner les circonstances exactes de cet accident et déterminer d’éventuelles responsabilités.

Plusieurs questions restent en effet sans réponse concernant les conditions dans lesquelles les deux hauts magistrats se sont déplacés.

Selon les éléments évoqués autour de leur mission, le moyen de transport indiqué dans l’ordre de mission aurait été un véhicule. Pourtant, ils auraient finalement choisi de se déplacer par avion. Ce changement de moyen de transport soulève plusieurs interrogations : pourquoi cette décision a-t-elle été prise ? Qui l’a autorisée ? Pour quelles raisons le déplacement terrestre prévu initialement n’a-t-il pas été privilégié ?

Ces questions sont d’autant plus importantes que Kenge et certaines zones du Kwango présentent des difficultés particulières en matière d’infrastructures aériennes. Les déplacements dans cette partie du pays se font largement par voie routière, notamment en raison des limites des infrastructures aéroportuaires adaptées aux petits appareils.

Une autre interrogation concerne la situation sécuritaire dans la région. La présence passée du mouvement Mobondo et les risques d’embuscades ont-ils pu influencer le choix du transport aérien ? À ce stade, rien ne permet cependant d’affirmer que la crainte d’une attaque ou d’une embuscade est à l’origine de la décision de prendre l’avion.

Il convient donc de rester prudent. La réunion d’urgence du Conseil supérieur de la magistrature ne permet pas, à elle seule, de conclure qu’une enquête particulière ou qu’une recherche de responsabilités sera nécessairement au cœur des discussions. Elle peut également avoir pour objectif de rendre hommage aux deux magistrats et d’examiner, sur le plan institutionnel, les circonstances de leur disparition.

Toutefois, face aux nombreuses interrogations, une clarification officielle des circonstances du crash apparaît particulièrement attendue. Les familles des victimes, la magistrature et l’opinion publique souhaitent notamment comprendre les conditions exactes du déplacement, le changement de moyen de transport et les circonstances ayant conduit à l’accident.

L’histoire de la République démocratique du Congo rappelle d’ailleurs que certains accidents impliquant de hauts responsables ont, par le passé, donné lieu à des enquêtes et à des procédures judiciaires. Ces précédents montrent l’importance de déterminer les faits avec précision avant de tirer des conclusions.

Pour l’heure, la priorité reste donc d’établir la vérité sur ce qui s’est réellement passé à Kenge. Les conclusions d’éventuelles enquêtes devront permettre de répondre aux nombreuses questions qui se posent aujourd’hui et de déterminer, le cas échéant, s’il y a eu des manquements dans l’organisation ou l’exécution de cette mission.

À 51 ans d’écart, deux figures de la justice militaire meurent dans des crashs

L’histoire de la justice militaire congolaise semble faire écho à l’actualité.

Le 2 septembre 1975, à Wombo, le général Masiala Kinkela trouvait la mort dans le crash de son hélicoptère, quelques semaines après avoir participé au jugement de 41 officiers accusés d’avoir préparé un coup d’État contre le régime de Mobutu.

Cinquante et un ans plus tard, le 25 septembre 2026, le général Likulia Bakumi, Auditeur général des FARDC, est décédé dans le crash d’un avion à Kenge, dans la province du Kwango. L’accident a également coûté la vie au général Mutombo Katalay, premier président de la Haute Cour militaire.

Au-delà de la tragédie, le rapprochement entre ces deux événements interpelle par les responsabilités exercées par les victimes dans l’appareil judiciaire militaire et par le contexte judiciaire dans lequel elles intervenaient.

Le général Likulia Bakumi était notamment impliqué, en sa qualité d’Auditeur général, dans des procédures visant d’anciens responsables militaires. Le contexte de ces dossiers devra toutefois être établi avec précision par les sources officielles et les éventuelles enquêtes.

Pour le crash de Kenge, plusieurs questions restent également ouvertes : quelles étaient les circonstances exactes du déplacement ? Pourquoi le transport aérien a-t-il été privilégié alors que le moyen de transport indiqué dans l’ordre de mission aurait été un véhicule ? Les conditions météorologiques, techniques, opérationnelles ou sécuritaires ont-elles joué un rôle ?

À ce stade, aucune de ces hypothèses ne permet à elle seule d’expliquer l’accident. Seule une enquête permettra d’établir les circonstances précises du drame et, le cas échéant, d’identifier d’éventuels manquements.

Deux époques, deux accidents et deux hauts responsables de la justice militaire disparus dans des circonstances tragiques : la comparaison historique est frappante. Mais au-delà des coïncidences, c’est surtout la vérité sur le crash de Kenge que l’opinion congolaise attend désormais.

Des questions autour de la mission et du contexte judiciaire

Pouvons-nous également établir un parallèle entre les circonstances entourant la disparition de ces deux hauts responsables de la Haute Cour militaire ? Certains événements peuvent sembler se ressembler ou donner l’impression d’une répétition, mais il convient, à ce stade, de parler de coïncidences et de questions, et non d’établir un lien entre les deux affaires sans éléments d’enquête.

Il ne faut pas oublier que le général Lucien-René Likulia Bakumi avait notamment été impliqué dans le dossier judiciaire concernant l’ancien président de la République, Joseph Kabila Kabange, devant la Haute Cour militaire. Son rôle dans cette procédure avait retenu l’attention, notamment dans le contexte des poursuites et des décisions judiciaires prises à l’époque.

Aujourd’hui, d’autres dossiers importants sont également examinés par la Haute Cour militaire, notamment celui concernant le général Christian Tshiwewe, qui fait l’objet d’accusations liées à une tentative présumée de renversement du régime du président Félix Tshisekedi par un coup d’État. Ces accusations et les éléments du dossier doivent naturellement être examinés dans le cadre de la procédure judiciaire en cours.

Dans ce contexte, plusieurs questions peuvent se poser : la mission effectuée à Kikwit avait-elle un lien avec l’un de ces dossiers ? Les personnes présentes à bord de l’appareil devaient-elles recueillir des éléments ou mener des investigations dans le cadre d’une procédure judiciaire ?

Pour l’instant, aucune information officielle ne permet d’établir un tel lien. Il serait donc prématuré de tirer des conclusions. Seule une enquête approfondie pourra déterminer la nature exacte de la mission effectuée à Kikwit ainsi que les circonstances ayant conduit au crash.

Au-delà des interrogations qui circulent au sein de l’opinion congolaise, il appartient avant tout aux autorités de la République démocratique du Congo d’apporter des réponses précises à la population. Une enquête transparente et approfondie devrait permettre de déterminer si le crash résulte d’un accident, d’un problème technique, de conditions particulières ou d’un autre facteur qui reste encore indéterminé.

La question est d’autant plus importante que plusieurs personnalités militaires et judiciaires figuraient parmi les personnes concernées. La disparition du premier président de la Haute Cour militaire et d’autres hauts responsables constitue un événement majeur pour les institutions judiciaires et militaires du pays.

Les Congolais sont donc en droit d’attendre des explications claires sur les circonstances de cette tragédie. Il ne s’agit pas de désigner un responsable avant la fin des investigations, mais de permettre à la vérité d’être établie sur la base de faits et de preuves.

Dans ce contexte, la réunion de la haute hiérarchie judiciaire et militaire pourrait également être l’occasion d’examiner les conséquences de cette tragédie sur le fonctionnement des institutions et sur la continuité de leur mission.

Cette réunion pourrait aussi être perçue comme un moment de solidarité envers les familles des victimes et envers les institutions touchées par cette disparition. Elle pourrait permettre de réaffirmer la volonté de poursuivre le travail au service de la nation congolaise, malgré cette lourde épreuve.

Enfin, nous adressons nos sincères condoléances aux familles des victimes, à leurs proches ainsi qu’à l’ensemble des institutions concernées. Perdre un être cher dans de telles circonstances est une épreuve particulièrement difficile.

Que les enquêtes permettent désormais d’établir toute la vérité sur ce qui s’est réellement passé à Kenge.

Article importé depuis Afrique Direct News