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Crash de Kenge : le bilan reste provisoire, le Congo face à de nombreuses questions

Par Joel Konde Un avion Let L-410, immatriculé 9S-GUC, s’est écrasé ce vendredi dans les environs de Kenge, dans la province du Kwango. Plusieurs militaires et responsables de la magistrature militaire se trouvaient à bord. Le décès du lieutenant-général Lucien-René Likulia Bakumi, Auditeur général des FARDC, est confirmé. Mais de nombreuses zones d’ombre subsistent encore sur les circonstances du drame. Un vol qui tourne au drame L’image prise à l’aéroport de Kikwit, environ 30 minutes avant le crash, montre plusieurs passagers à bord de l’aéronef Let L-410 qui devait effectuer le trajet entre Kikwit et Kinshasa. Quelques instants plus tard, l’appareil […]

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Joel Konde

25 septembre 2026 · 6 min de lecture

Crash de Kenge : le bilan reste provisoire, le Congo face à de nombreuses questions

Par Joel Konde

Un avion Let L-410, immatriculé 9S-GUC, s’est écrasé ce vendredi dans les environs de Kenge, dans la province du Kwango. Plusieurs militaires et responsables de la magistrature militaire se trouvaient à bord. Le décès du lieutenant-général Lucien-René Likulia Bakumi, Auditeur général des FARDC, est confirmé. Mais de nombreuses zones d’ombre subsistent encore sur les circonstances du drame.

Un vol qui tourne au drame

L’image prise à l’aéroport de Kikwit, environ 30 minutes avant le crash, montre plusieurs passagers à bord de l’aéronef Let L-410 qui devait effectuer le trajet entre Kikwit et Kinshasa.

Quelques instants plus tard, l’appareil s’est écrasé dans les environs de Kenge.

Selon les premières informations disponibles, 13 personnes se trouvaient à bord : le pilote et 12 passagers. Plusieurs personnes auraient péri dans le crash et l’incendie qui a suivi.

À ce stade, le bilan demeure toutefois provisoire et doit encore être confirmé officiellement.

Des hauts responsables militaires à bord

Parmi les personnes concernées figureraient plusieurs officiers de l’armée congolaise et de la magistrature militaire.

Nous avons pu consulter l’ordre de mission N° VPM/MDNAC/CAB/740/2026, signé par le vice-Premier ministre et ministre de la Défense, Guy Kabongo.

Ce document mentionne plusieurs responsables devant effectuer une mission sur l’axe Kinshasa-Kikwit-Kinshasa, avec notamment le premier président de la Haute Cour militaire.

L’ordre de mission cite notamment :

  • le lieutenant-général Joseph Mutombo Katalay Tiende, premier président de la Haute Cour militaire ;
  • le lieutenant-général Lucien-René Likulia Bakumi ;
  • le major Luntala Kibanzidi Albert ;
  • le capitaine Mbuku Pasipamba ;
  • l’ISgtMaj Losuka Isompo Jean-Pierre ;
  • l’ISgtMaj Ngiemu Muzamba Guislain ;
  • le SgtMaj Tezangi Nzewa ;
  • le SgtMaj Wembelo Osomba ;
  • le SgtMaj Pululu Matumona ;
  • le SgtMaj Mata Ndopetuwa ;
  • le Sgt Mambanzila Nzuamo ;
  • le Sgt Mbumba Mikobi Jérôme ;
  • ainsi que deux civils, Nzuzi Kiawete Goliath et Eboma Tukuzu Sandrick.

Attention toutefois : la présence de toutes les personnes citées dans ce document à bord de l’avion au moment du crash n’a pas encore été officiellement confirmée.

Un itinéraire qui soulève des interrogations

Un autre élément mérite d’être éclairci.

Selon l’ordre de mission que nous avons consulté, le moyen de transport initialement prévu pour cette mission était un véhicule.

Certains des officiers concernés auraient finalement pris l’avion.

Pourquoi ce changement de moyen de transport ? Dans quelles conditions a-t-il été décidé ? Qui en a donné l’autorisation ? Et quelles vérifications ont été effectuées avant le vol ?

Autant de questions auxquelles seule une enquête sérieuse et indépendante pourra apporter des réponses.

Que s’est-il réellement passé à Kenge ?

Les circonstances précises du crash restent inconnues.

Selon les déclarations du vice-gouverneur du Kwango, le pilote aurait tenté d’effectuer un atterrissage dans la zone. Kenge ne disposerait toutefois pas d’une piste d’atterrissage adaptée permettant de faciliter une telle manœuvre.

Cette information devra être vérifiée par les enquêteurs.

Pour l’heure, aucune conclusion définitive ne peut être tirée sur les causes de l’accident.

Une enquête technique devra notamment déterminer l’état de l’appareil, les conditions météorologiques, les circonstances du vol, les décisions prises par l’équipage ainsi que les conditions dans lesquelles une éventuelle tentative d’atterrissage aurait été effectuée.

Un décès officiellement confirmé

Parmi les victimes annoncées figure le lieutenant-général Lucien-René Likulia Bakumi, Auditeur général des FARDC.

La disparition éventuelle d’autres hauts responsables militaires devra être établie officiellement à travers l’identification des victimes.

Selon les premières informations, le corps du pilote aurait été retrouvé à l’extérieur de l’appareil, tandis que les autres occupants auraient été pris dans l’incendie qui a suivi le crash.

Là encore, les autorités devront confirmer ces informations.

Une enquête pour établir toute la vérité

Au-delà de l’émotion, une question essentielle se pose : qu’est-ce qui a conduit à cette tragédie ?

Dans un État de droit, un accident aérien de cette gravité doit faire l’objet d’une enquête approfondie permettant d’établir les responsabilités éventuelles et d’identifier les éventuelles défaillances.

Il ne s’agit pas seulement de déterminer ce qui s’est passé ce vendredi à Kenge. Il faut également comprendre pourquoi cela s’est produit et comment éviter qu’un drame similaire ne se reproduise.

Les autorités civiles et politico-administratives devraient ainsi réfléchir à un renforcement des mécanismes de contrôle de la sécurité aérienne en République démocratique du Congo.

Les conditions de décollage, l’état technique des appareils, les procédures de contrôle avant vol, les qualifications des équipages et les conditions d’utilisation des différentes pistes doivent faire l’objet d’une attention particulière.

Chaque faille identifiée doit pouvoir donner lieu à une mesure corrective.

Une lourde perte pour la justice militaire

La disparition de responsables militaires et judiciaires expérimentés constitue également une perte importante pour les institutions auxquelles ils appartenaient.

Le lieutenant-général Lucien-René Likulia Bakumi avait notamment occupé la fonction d’Auditeur général des FARDC et avait été associé à plusieurs dossiers judiciaires importants.

La Haute Cour militaire perd, elle aussi, des cadres dont l’expérience et les responsabilités occupaient une place importante dans l’appareil judiciaire militaire congolais.

Cette disparition intervient donc à un moment où les institutions concernées devront continuer à exercer leurs missions malgré la perte de plusieurs de leurs responsables.

Un hommage national attendu

Ces hommes ont servi la République dans le cadre de leurs fonctions.

À l’heure où le pays pleure cette tragédie, nous pouvons espérer que l’État congolais prendra toutes les dispositions nécessaires pour leur rendre un hommage à la hauteur de leur engagement au service de la nation.

Le président de la République, les institutions militaires et judiciaires ainsi que l’ensemble des autorités nationales auront également la responsabilité d’accompagner les familles endeuillées.

Mais au-delà des hommages, la meilleure façon d’honorer leur mémoire sera aussi de tirer les leçons de cette tragédie.

Le Congo doit tirer les leçons de Kenge

Un crash aérien ne doit pas seulement susciter l’émotion pendant quelques jours avant de tomber dans l’oubli.

Il doit conduire à des questions, à des réponses et, surtout, à des mesures concrètes.

Pourquoi l’appareil s’est-il écrasé ?

Toutes les procédures de sécurité ont-elles été respectées ?

Pourquoi le moyen de transport prévu dans l’ordre de mission aurait-il été changé ?

L’appareil répondait-il à toutes les exigences techniques et réglementaires ?

Les conditions dans lesquelles le vol a été effectué étaient-elles conformes aux règles de sécurité ?

Ce sont les enquêteurs qui devront apporter des réponses à ces questions.

Pour l’heure, une seule certitude demeure : la République démocratique du Congo vient de perdre des hommes occupant des responsabilités importantes, et le bilan humain de cette tragédie reste encore à établir avec précision.

Le temps est désormais venu pour la vérité, la transparence et les leçons à tirer.

Que leurs mémoires soient honorées et que cette tragédie serve à renforcer la sécurité aérienne et la protection des vies humaines en République démocratique du Congo.

Article importé depuis Afrique Direct News