Affaire de « Mukuantombolo » et Dieudonné Kamuleta : quand la « gloriole politique » provoque la cécité jusqu’à empêcher la lucidité et la part des choses
■ Kamuleta a totalement raison de recadrer son interprète. ■ Kamuleta avait raison, en son temps, de chasser de la salle d’audience ceux qui, par leurs chants et slogans, coloraient politiquement la procédure judiciaire en cours. ■ En tant que président de la Cour constitutionnelle, Kamuleta essuie beaucoup de critiques, lui reprochant d’être au service du président Tshisekedi. Tolérer dans la salle d’audience des chants et slogans à la gloire d’un parti politique, fût-il majoritaire, désacraliserait davantage son instance judiciaire. Sa rigueur était indispensable pour éviter que la bêtise ne s’installe au cœur même de la Cour constitutionnelle. Agir ainsi n’est […]
Larose Jean
11 septembre 2026 · 2 min de lecture

■ Kamuleta a totalement raison de recadrer son interprète.
■ Kamuleta avait raison, en son temps, de chasser de la salle d’audience ceux qui, par leurs chants et slogans, coloraient politiquement la procédure judiciaire en cours.
■ En tant que président de la Cour constitutionnelle, Kamuleta essuie beaucoup de critiques, lui reprochant d’être au service du président Tshisekedi. Tolérer dans la salle d’audience des chants et slogans à la gloire d’un parti politique, fût-il majoritaire, désacraliserait davantage son instance judiciaire. Sa rigueur était indispensable pour éviter que la bêtise ne s’installe au cœur même de la Cour constitutionnelle. Agir ainsi n’est pas une trahison envers le chef de l’État, mais plutôt lui rendre service.
■ Kamuleta est pasteur d’une église. Sachant que, dans la perception populaire des Congolais, « Mukuantombolo » renvoie au président de la République, Kamuleta ne pouvait aucunement concéder, du haut de la chaire, que le surnom de Félix Tshisekedi soit associé à la seigneurie de Jésus-Christ.
■ Sur cet aspect, Dieudonné Kamuleta sait que le Seigneur Jésus-Christ dont il parlait dans sa prêche est au-dessus de Félix Tshisekedi. Le chef de l’État lui-même est chrétien et adore Jésus. Recadrer son interprète sur le fait que le surnom, de plus en plus popularisé, du président de la République ne devrait pas être associé à la gloire de Jésus-Christ est un acte à encourager. Le règne de Jésus-Christ est éternel, mais celui de Fatshi est limité dans le temps. Tolérer une telle légèreté du haut de la chaire chasserait Jésus de cette assemblée, pour y installer la gloire humaine et politique.
■ Kamuleta, conscient de son rapprochement culturel et politique avec le chef de l’État, sait faire la part des choses quand il faut servir le Seigneur dans l’église, servir la nation à la tête de la Cour constitutionnelle et apporter son soutien politique, parfois en toute discrétion, au chef de l’État.
■ Kamuleta maîtrise bien les cadres. Il sait où aller, quand et quoi dire, lorsqu’il juge nécessaire d’apporter son soutien politique au président de la République. Il refuse tout mélange et toute confusion. Ceux qui sont lucides comme lui devraient l’applaudir, car le président de la République lui-même l’a déjà fait.
Ambroise Mamba Ntambwe, Journaliste et chercheur en sciences politiques
Article importé depuis Afrique Direct News